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Malgré l’usage croissant des paiements sans contact, l’argent liquide est loin de disparaître!

(ETX Studio) – La crise sanitaire a fait augmenter le nombre de paiements dématérialisés. Pourtant, l’argent liquide n’a jamais été autant retiré des banques et épargné à domicile. Un mode de paiement rassurant, « résilient » et « inclusif », qui laisse encore quelques décennies de vie aux billets de 20 euros.

Les grands moments de crise sont les prémices de changements de comportements. Avec la Covid-19, les habitudes de paiements ont été modifiées et une grande partie de la population règle dorénavant uniquement en paiement sans contact ou en « paiement dématérialisé », via les smartphones notamment.

Depuis le premier confinement du mois de mars 2020, l’utilisation du sans contact a bondi de 42% selon une étude réalisée par Gfk pour Visa* auprès de consommateurs italiens, français, espagnols et portugais.

Et la tendance se confirme  un an plus tard. D’après une étude réalisée par ETX Brand pour la néobanque N26**, 53% des interrogés déclarent utiliser davantage le paiement sans contact.

La confiance des utilisateurs dans ce mode de paiement a d’ailleurs augmenté de 13% depuis 2018 note l’étude atteignant à ce jour un taux de confiance de 74%. Même son de cloche pour le paiement sans contact via smartphone : + 8% de confiance par rapport à 2018.

L’usage croissant du paiement sans contact amène à penser que petit à petit, le paiement dématérialisé remplacera l’argent liquide et les pièces sonnantes dans les poches.

« L’argent liquide est résilient »

Paradoxalement, l’argent en espèce représente toujours plus de 50% des transactions dans les pays de l’OCDE en 2021. « Les espèces restent le moyen de paiement privilégié, en nombre, pour les achats du quotidien », note la Banque de France. Les tabacs, boulangeries, presses et autres commerces de proximité sont alors privilégiés par le paiement en liquide.

Michel***, 23 ans : « Je me rends compte de la valeur parce que je l’ai entre les mains. Quand j’ai de l’argent en liquide, j’ai l’impression que je peux l’utiliser pour me faire un peu plaisir avec », explique-t-il, par exemple en passant devant une boulangerie. »

Les espèces rassurent sur la valeur et ne donnent pas l’impression de « juste avoir un chiffre sur son téléphone ». « Avec le cash, tu te rends plus compte de l’argent que tu dépenses », explique Sara, 27 ans. Pour Aïcha, 30 ans, cela lui permet de « maîtriser son budget ».

Une étude publiée par le think tank Terra Nova en janvier 2021 affirme que l’argent liquide est « une valeur refuge » qui tend à rassurer les consommateurs. Et ce phénomène a été accentué par la crise sanitaire.

« En période de crise, l’incertitude renforce le rôle des espèces comme réserve de valeur », notent les auteurs de l’étude, Marc Schwartz (Président-directeur général de la Monnaie de Paris) et Yannis Messaoui (diplômé d’économie à Yale University et étudiant à HEC Paris pour Terra Nova). « L’argent liquide est résilient », affirment-ils.

Phénomène de « ruée vers le cash »

Le cash rassure, le cash assure. Dans la même étude, Terra Nova note une hausse des retraits d’argent liquide des banques, épargné dorénavant au domicile, justement parce que « son usage ne dépend pas d’une infrastructure spécifique […], préserve la liberté de choix entre les modes de paiement, garante de la confiance dans la monnaie ».

La Banque de France confirme : 16 milliards d’euros de plus ont été mis de côté en liquide entre mars et juin 2020. C’est trois fois plus qu’au premier trimestre.

Cette « ruée vers le cash » n’enterre pas l’argent liquide, critiqué pour faciliter les fraudes fiscales et les trafics. Les avis semblent évoluer sur la question, comme du côté de la Suède. Le pays est revenu sur sa décision d’une société sans argent liquide en 2018 et défend de plus en plus les espèces. Le think tank le dit : « le règne du cash est loin de s’achever. »

*Etude réalisée entre août et septembre 2020 par Gfk pour Visa auprès de 3.200 consommateurs italiens, français, espagnols et portugais.

**Etude réalisée par ETX Brand pour la néobanque N26 entre le 16 et le 23 mars 2021, auprès de 1.000 individus âgés de 18 et 65 ans

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